Tout comprendre au bilan carbone

Baptiste Gaborit

Rédacteur Climat

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S’il est une chose certaine, c’est que la “chasse” au carbone ne fait que commencer et va s’intensifier dans les années à venir. En France, où le gouvernement a présenté sa planification écologique pour atteindre l’objectif de -55% des émissions de CO2 en 2030, en Europe, où la Commission met en œuvre le Green Deal ou dans le monde avec la concurrence américaine ou chinoise. 

Les événements climatiques exceptionnels se multiplient, la contrainte carbone augmente, les consommateurs se responsabilisent. Bref, la lutte contre le changement climatique vient bouleverser l’activité et la stratégie des entreprises. 

Comment réussir à se détourner du carbone ? Comment réussir sa transition vers un autre modèle d’affaires ? Comment se prémunir des risques climatiques ?

Pour les entreprises, un outil apparaît plus que jamais comme essentiel : il s’agit du bilan carbone. Il permet à l’entreprise de mesurer sa dépendance au carbone et ainsi de mesurer les risques d’une transition non anticipée. C’est aussi le point de départ incontournable de toute stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Atténuation et adaptation : ce sont les deux enjeux majeurs de ces prochaines années et dans les deux cas, le bilan carbone est un point de passage incontournable. 

Qu’est-ce qu’un bilan carbone ? 

Un bilan carbone, c’est la photographie à un moment donné de l’ensemble des émissions de GES d’une entreprise. 

Mais ce que l’on appelle le bilan carbone, c’est en réalité le nom d’une méthode utilisée pour calculer l’empreinte carbone. Méthode développée par le gouvernement et l’Ademe, lancée finalement en 2004. Son nom : le Bilan Carbone®. La méthodologie se déploie rapidement et devient l’outil de référence. Si bien que son nom est passé dans le langage courant et que la mesure de l’empreinte carbone d’une entreprise, d’une collectivité, d’une association ou même d’une compétition sportive est appelée communément un bilan carbone. La méthodologie, elle, est maintenant portée par l’Association pour la transition bas-carbone (ABC). 

Le Bilan Carbone® n’est pas la seule méthodologie existante pour mesurer l’empreinte carbone. En France, il existe aussi le bilan de gaz à effet de serre (BEGES) réglementaire. Ce dispositif prévoit la réalisation obligatoire d’un bilan d’émissions et d’un plan d’action pour les réduire pour les entreprises de plus de 500 salariés et les collectivités de plus de 50 000 habitants. 

Les différentes méthodologies de mesure de l'empreinte carbone

Deux autres méthodologies internationales existent : le GHG Protocol et la norme ISO 14069. La plateforme Sami et nos consultant.e.s sont en mesure de gérer ces différentes méthodologies et de passer de l’une à l’autre selon les besoins et les demandes des entreprises. 

Pourquoi faire un bilan carbone ? 

Il existe 4 grandes raisons de faire son bilan carbone. 

Les 4 grandes raisons de faire son bilan carbone

1. Réglementaire

La réglementation se durcit peu à peu sur la mesure de l’empreinte carbone des entreprises et la réduction de leurs émissions de GES. En France, un bilan d’émissions de gaz à effet de serre est donc obligatoire tous les 4 ans pour les entreprises de plus de 500 salariés et les collectivités de plus de 50 000 habitants. Mais cette loi est encore peu appliquée.  

Et un nombre croissant d’entreprises vont être soumises à la réalisation obligatoire d’un bilan carbone. La directive européenne sur la CSRD intègre ainsi les enjeux climatiques dans le reporting extra-financier de toutes les entreprises de plus de 250 collaborateurs. Le bilan carbone complet figure bien parmi les informations attendues dans ce reporting. 

A ce sujet, vous pouvez consulter notre article dédié

2. Un enjeu fort de compétitivité 

Les risques sur la performance économique

“Faire un bilan carbone, c’est un premier pas pour piloter et gérer les risques liés au climat auxquels une entreprise est exposée”

Guillaume Colin, Head of Climate Expertise chez Sami. 

Et ces risques sont nombreux.

  • Risques liés aux parties prenantes

De plus en plus de consommateurs sont attentifs à l’empreinte carbone et environnementale des produits qu’ils achètent. Dans cette étude sur la consommation responsable publiée en 2021 par l’ObSoCo, l’Observatoire Société et Consommation, 61% des Français appelaient à des changements radicaux afin de produire et consommer moins mais mieux. 

Par ailleurs, un nombre croissant d’entreprises demandent à leurs fournisseurs de produire à minima le bilan carbone de leur activité. Citons la SNCF qui intègre depuis 2023 pour ses 55 plus gros fournisseurs un prix de la tonne carbone dans ses appels d’offres afin de monétiser leurs émissions de GES. 

  • Risques de financement 

Les fonds d’investissement sont de plus en plus nombreux à exiger des entreprises de leur portefeuille à minima le calcul de leur empreinte carbone, pour d’autres la mise en place d’une stratégie de baisse des émissions.

De nombreux autres acteurs financiers excluent désormais les entreprises qui évoluent dans des secteurs très carbonés. C’est ce qu’a annoncé la Banque de France qui exclura de ses portefeuilles d’ici 2024 toute entreprise qui développe de nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles. 

  • Risques de marché
“Les prix sur le carbone sont croissants. Si une entreprise veut connaître son exposition à ce risque financier du carbone, le point de départ, c’est de connaître ses émissions. Si elle ne sait pas dans quelle mesure sa chaîne de valeur est carbonée, elle risque de payer beaucoup plus cher ses matières premières ou d’être moins compétitive en aval parce que ces taxes carbone vont grever les marges.” 

Guillaume Colin

Viennent s’ajouter des risques technologiques avec de nombreuses innovations bas carbone qui voient le jour. Avec là encore le risque d’être en retard et de perdre des parts de marché. 

  • Risques physiques

Vagues de chaleur, inondations, sécheresses : les impacts du changement climatique peuvent toucher toute la chaîne de valeur de l’entreprise. Citons par exemple BASF, le géant de la chimie, qui a dû stopper l’activité de l’une de ses usines en Allemagne qui ne recevait plus assez de matières premières, le trafic fluvial sur le Rhin étant ralenti par le très faible niveau du fleuve. 

Les opportunités

Pour les mêmes raisons que ne pas s’engager dans une démarche de transition expose l’entreprise à de nombreux risques, le faire offre des perspectives de bénéfices économiques : gagner des parts de marché; accès au financement; avantage concurrentiel dans les appels d’offre; etc… Cela permet aussi de pouvoir bénéficier de labels ou de certifications RSE, comme Ecovadis ou B-Corp.  

‍ 

La démarche plus globale d’éco-conception des produits entraîne de meilleures performances économiques avec, selon l’ADEME, une hausse systématique du chiffre d’affaires des entreprises grâce à de nouveaux marchés et un volume de ventes plus important.

3. Marque employeur et risque juridique

‍Selon cette étude publiée par l’Unedic en avril 2023, 84% des actifs français veulent un travail en adéquation avec le défi climatique et ¼ des actifs envisagent de changer de métier ou d’entreprise pour mettre leur vie professionnelle en adéquation avec leurs préoccupations écologiques.

Le risque est aussi juridique. Les actions en justice contre des entreprises accusées de ne pas mettre en place de stratégie de baisse des émissions réaliste se multiplient. Selon une étude du Grantham Institute de la London School of Economics, publiée en 2023, le dépôt d’une plainte entraîne en moyenne une réduction de 0,57% de la valeur de l’entreprise visée. Et un jugement défavorable une baisse moyenne de 1,5% du cours d’action. 

Pour aborder plus en détail le sujet des risques climatiques qui pèsent sur les entreprises, pour savoir comment les identifier et comment s’y adapter, vous trouverez ici un article complet.  

4. Un enjeu éthique

Au rythme actuel des émissions, les 1,5°C seront franchis lors de la prochaine décennie, les 2°C autour de 2050 pour atteindre 3 ou 4°C en 2100, entraînant des impacts dévastateurs, généralisés, parfois irréversibles. 

Les impacts à venir du changement climatique

Mais ce scénario du pire est encore évitable. Les solutions existent et les entreprises ont un rôle clé à jouer.  

Ce rôle, c’est de faire sa part face au changement climatique. L’initiative Science Based Targets (SBTi) indique ainsi une trajectoire de baisse des émissions de GES de 4,2% par an pour les entreprises afin de respecter l’objectif de l’Accord de Paris, à savoir limiter la hausse des températures à 1,5 degrés.

Pour aller plus loin, vous trouverez ici le guide sur les raisons qui font du bilan carbone un outil essentiel dans la stratégie d’une entreprise et l’article correspondant

Les grandes étapes du bilan carbone

1. Définir le périmètre de l’étude

La première étape, c’est de cartographier les flux d’énergie, de matières premières, de déchets et de produits générés par l’entreprise. 

Cartographie des flux pour un bilan carbone

Cette étape est indispensable afin de bien déterminer ce qui va être pris en compte dans le calcul du bilan carbone. 

Trois périmètres sont à distinguer : 

  • le périmètre temporel : c’est la période sur laquelle va être calculé le bilan carbone. Généralement, c’est sur une année complète afin de refléter au mieux la globalité de l’activité de l’entreprise. Mais il peut aussi être fait sur une période particulière, sur un projet par exemple. 
  • le périmètre organisationnel : c’est l’ensemble des sites, installations et activités de l’entreprise qui doivent être pris en compte. Il existe deux définitions du périmètre organisationnel.
  1. “Part du capital” : les émissions des biens et activités sont prises en compte à hauteur de la participation financière de l’organisation
  2. “Contrôle” : financier (prise en compte des émissions des installations contrôlées financièrement) ou opérationnel (prise en compte des émissions des installations exploitées).
  • le périmètre opérationnel : la règle est simple, le Bilan Carbone® doit prendre en compte toutes les émissions directes et indirectes de l’entreprise.

2. Collecte des données

La calcul du bilan carbone repose sur les données d’activités de l’organisation. Ces dernières doivent donc être inventoriées puis collectées. Elles sont ensuite transformées en quantité de CO2 équivalent grâce aux facteurs d’émission, on y reviendra. 

La collecte est donc un des moments les plus importants. Plus les données récupérées seront précises et exhaustives et plus la précision du bilan carbone sera importante. Il est donc primordial de travailler sur une collecte efficace et pertinente, d’autant que cette étape est la phase la plus chronophage de la démarche. 

Ces données doivent refléter, on l’a dit, toutes les émissions directes et indirectes de l'entreprise. C’est ici qu’interviennent les fameux scopes 1,2 et 3 puisque les deux principales méthodologies, Bilan Carbone® et GHG Protocol, catégorisent les émissions dans ces 3 périmètres distincts. 

  •  Scope 1 : ce sont les émissions directes de l’entreprise. 

Exemple : les émissions liées au chauffage au gaz des bureaux de la société ou le carburant utilisé pour les véhicules de l’entreprise.

  • Scope 2 : ce sont les émissions indirectes liées à l’énergie. 

Exemple : émissions liées à la consommation d’électricité.

  • Scope 3 : ce sont toutes les autres émissions indirectes de l’entreprise. Le scope 3 représente généralement la grande majorité des émissions de l’activité de l’entreprise, parfois jusqu’à 95% des émissions totales. 

Exemple : les émissions liées aux achats de services ou de matières premières, les déplacements professionnels, les déplacements domicile-travail, le fret ou encore l’utilisation des produits. 

Les scopes 1, 2 et 3

Le Bilan Carbone® répertorie ainsi 23 postes d’émissions différents, que vous retrouvez dans le graphique ci-dessus. Ce sont les données associées à ces différents postes que l’entreprise doit collecter. 

3. Consolidation

Une fois la collecte terminée, l’étape suivante est la consolidation des données. C’est une phase clé car il s’agit de s’assurer, pour les consultants qui accompagnent l’entreprise dans la mesure de son bilan carbone ou pour l’entreprise qui le réalise en interne, que les données collectées sont bien les bonnes, qu’il n’y a pas d’incohérences, d’erreurs manifestes, d’oublis et de doublons dans la mesure des émissions. 

Exemple de doublon possible : dans le cas de véhicules électriques de fonction, les émissions liées à la consommation d’électricité vont être comptées dans les déplacements (à travers les kilomètres parcourus par exemple) alors même que ces véhicules sont souvent rechargés dans les locaux de l’entreprise. L’électricité consommée est alors comptabilisée également dans la consommation générale des locaux. Il faut donc la retirer pour éviter un doublon. 

4. Analyse des résultats

Deux approches différentes mais complémentaires permettent de lire et d’analyser les résultats de l’empreinte carbone. 

  • La première, c’est une approche générale. Les résultats du bilan carbone sont présentés avec le total des émissions de GES. Ces émissions sont réparties par scope (1, 2 et 3) et par catégories d’émissions. Cette approche permet d’avoir une première vision de la répartition de ces mêmes émissions selon leur catégories. Par exemple, est-ce que ce sont les émissions issues des déplacements ou des locaux qui pèsent le plus ? 

Source : Sami

  • Néanmoins, cette approche générale ne permet que très partiellement d’analyser efficacement les sources des émissions de gaz à effet de serre. C’est là qu’intervient l’approche analytique. Elle permet de répartir les émissions selon leurs catégories évidemment mais aussi selon les activités de l’entreprise et donc de les détailler beaucoup plus finement. L’entreprise est alors en mesure d’identifier sa dépendance au carbone par exemple par produit, par filiale, par fournisseur, par pays ou encore par bureau ou usine si elle en possède plusieurs. 

Par exemple, ici, sur ce bilan carbone anonymisé, une approche analytique avec une intensité carbone par collaborateur et par site de l’entreprise. 

Source : Sami

On peut encore aller plus loin dans cette analyse avec par exemple, ci-dessous, la répartition des émissions issues des déplacements des collaborateurs par site de l’entreprise et en fonction de la motorisation des véhicules. 

Source : Sami

L’approche analytique permet ainsi de cibler efficacement les actions qui vont permettre de réduire rapidement et massivement les émissions de gaz à effet de serre. Le bilan carbone devient alors un outil de pilotage pour orienter les ressources humaines et financières de l’entreprise vers un plan d’action intelligent. 

5. Plan d’action

La mesure des émissions de gaz à effet de serre n’est pas une finalité. C’est le point de départ d’une stratégie de baisse des émissions. Car on ne réduit que ce que l’on connaît. 

Et cette stratégie doit se matérialiser par un plan d’action

Le plan d’action est une partie intégrante du bilan carbone. Il est obligatoire dans la réalisation d’un Bilan Carbone® et fait partie du dispositif d’accompagnement dans le cadre par exemple du dispositif Diag Decarbon’Action

4 grandes étapes sont incontournables dans la mise en place de ce plan d’action. 

Source : Guide pour la construction, la mise en oeuvre et le suivi d’un plan de transition, ADEME

Nous insisterons ici sur 2 points stratégiques. 

  • Définir des objectifs chiffrés

Il s’agit de fixer un objectif global de réduction de l’empreinte carbone pour une année cible et par rapport à une année référence sur laquelle l’entreprise dispose d’une mesure de ses émissions. Deux options pour fixer cet objectif : 

  • objectif en valeur absolue : diminution des tonnes de CO2e
  • objectif en valeur relative : par exemple, baisse des émissions par euros de chiffre d’affaires ou par nombre d’unités vendues. 

Pour se fixer un objectif ambitieux et basé sur la science, l’entreprise peut se référer à l’initiative Science Based-Targets (SBTi), créée en 2015. Devenue une référence depuis, elle fixe un cadre permettant aux entreprises de réduire leurs émissions à un rythme censé être compatible avec l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat. Ainsi, pour des objectifs en valeur absolue, la réduction des émissions doit atteindre 4,2% par an pour respecter l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et de 2,5% par an pour 2°C.

  • Sélectionner les actions à mettre en oeuvre

Après avoir défini les axes principaux de réduction (en s’appuyant sur la mesure de l’empreinte carbone pour identifier les principaux postes d’émissions et ceux sur lesquels l’entreprise a le plus de leviers) puis établi un listing des actions possibles à mettre en place, il faut sélectionner celles qui seront effectivement mises en œuvre. Pour cela, l’entreprise peut s’appuyer sur des critères de sélection :  

  • potentiel de réduction de chaque action
  • création de valeur pour l’entreprise
  • coût économique
  • besoins humains
  • ou encore degré de faisabilité

Pour plus de détails sur la construction du plan d’action, vous pouvez consulter ce guide de l’Ademe

6. Les avantages d’une plateforme comme Sami 

Collecte des données 

On l’a vu, la collecte est une étape essentielle mais qui peut s’avérer complexe et chronophage pour l’entreprise. Alors, pour à la fois accélérer la collecte et être le plus précis possible, nous avons plusieurs outils :  

  • Le Fichier d'Écritures Comptables (FEC) : il permet de collecter les informations liées aux achats de services et aux immobilisations. Ce sont les comptes de classe 6 du FEC qui nous intéressent. Nous avons développé un outil d’automatisation du traitement du FEC qui nous permet de collecter uniquement les données pertinentes et de calculer les émissions associées. 
  • Les collecteurs de données : nous avons créé chez Sami plusieurs collecteurs qui vont permettre d’intégrer les données de l’entreprise à notre plateforme. Il y a un collecteur pour les locaux, pour les intrants, le fret ou encore le numérique avec à chaque fois des informations à remplir qui vont nous permettre ensuite de calculer les émissions associées. Par exemple, pour le collecteur “locaux”, il faut indiquer la surface des bâtiments, l’énergie utilisée, la quantité d’énergie consommée ou encore les quantités de fluide utilisées pour la climatisation. 
  • Les questionnaires : là encore, nous avons créé plusieurs questionnaires afin d’aller collecter des informations précises d’activités. Il y a un questionnaire destiné aux fournisseurs afin de faire remonter les données liées aux achats de produits et services, un questionnaire visiteurs pour calculer les émissions liées aux déplacements des visiteurs ou clients sur les différents sites de l’entreprise (magasins, usines, etc…) et un questionnaire collaborateurs afin de calculer les émissions liées aux déplacements domicile-travail ou professionnels des salariés, les émissions liées au télétravail ou encore à la restauration. 

Consolidation automatique

Les données issues des collecteurs ou questionnaires sont intégrées à notre plateforme qui va les analyser automatiquement, les consolider et les attribuer aux bonnes catégories d’émissions. Le/la consultant.e est là pour effectuer un dernier traitement et s’assurer que la consolidation est correcte. 

Approche analytique

On l’a vu précédemment, la plateforme permet un reporting automatique des émissions par scopes, par catégories d’émissions mais aussi avec une approche analytique selon l’activité de l’entreprise. Le client peut alors choisir de visualiser ses résultats par pays, par produits, par usines, par fournisseurs, etc…

Plan d’action

La mise en place et la gestion du plan d’action sont intégrées à la plateforme Sami. 

L’entreprise peut définir des objectifs chiffrés (en valeur absolue ou relative) de baisse des émissions pour une année cible et dessiner ainsi sa trajectoire pour les prochaines années. Trajectoire visible évidemment sur la plateforme. L’entreprise peut aussi choisir une trajectoire conforme à l’Accord de Paris (SBTi). 

Pour y arriver, un catalogue d’actions est proposé sur la plateforme, avec plus de 130 mesures dans toutes les catégories d’émissions (déplacements, locaux, numérique, etc…). Pour chacune d’elles, la plateforme calcule le potentiel de réduction des émissions à partir de l’objectif fixé par l’entreprise et des résultats de son dernier bilan carbone. Chaque action ajoutée figure dans le plan de l’entreprise et ajuste automatiquement la projection de baisse totale des émissions. L’entreprise est en mesure de comparer l’objectif de réduction qu’elle s’est fixé avec la projection de baisse des émissions calculée avec le plan d’action. Par ailleurs, l’entreprise a aussi la possibilité d’ajouter une action spécifique à son plan d’action si elle ne la trouve pas dans le catalogue de mesures. 

Voici un rapide aperçu de quelques fonctionnalités permises par la plateforme : 

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Comment mesurer les émissions ? 

On entre ici dans le cœur de la mesure du bilan carbone. Une fois les données d’activités de l’entreprise, de la collectivité ou de l’association collectées, il faut les transformer en équivalent de CO2 (CO2e). 

 Pour cela, il faut associer à la donnée d’activité un facteur d’émission. 

1. Approche monétaire ou physique ? 

Deux types de données peuvent être utilisées et cela change ensuite la façon dont les émissions associées sont calculées : 

  • Les données financières : on parle d’une facture ou d’un montant monétaire. Dans ce cas, on convertit le montant monétaire en émissions de CO2e. On parle ici d’approche monétaire.
  • Les données physiques : ça peut être des distances parcourues (km), des quantités utilisées (kWh, kg, tonnes, etc…). On convertit ces données physiques en émissions de CO2e. On parle là d’approche physique

 

Quelle approche utilisée ? Les deux sont complémentaires même si l’approche physique reste indispensable pour gagner en précision et coller à la réalité des activités de l’entreprise. 

L’approche monétaire permet notamment de calculer rapidement et simplement les émissions liées aux dépenses de services principalement. On pense aux achats de prestations intellectuelles ou d’études, les dépenses marketing ou de communication, les services bancaires, les honoraires, etc. Toutes ces dépenses se prêtent assez mal à une approche physique alors qu’elles sont assez simples à intégrer au bilan carbone grâce à une approche monétaire. On peut en effet collecter et ajouter ces dépenses de façon automatique grâce au FEC, le Fichier d'Écritures Comptables. L’approche monétaire est également adaptée pour le secteur financier, afin par exemple d’évaluer les émissions associées d’un portefeuille d’investissements. 

En revanche, l’approche monétaire n’est pas adaptée pour l’ensemble des autres émissions. C’est le cas notamment pour les émissions sur tout le cycle de vie d’un produit : matières premières, fabrication, emballages, fret, utilisation, etc… Les consommations d’énergies de l’entreprise, les déplacements domicile-travail ou encore les déplacements professionnels sont également à considérer sous une approche physique. Elle est indispensable dans ces cas là afin d’obtenir des émissions précises et qui reflètent la réalité physique des activités de l’entreprise. 

Un exemple : sur les déplacements domicile-travail, utiliser un ratio monétaire avec les dépenses de carburant ferait varier sensiblement les émissions associées à cause de la variation très importante du prix du litre d’essence alors même que les émissions réelles, elles, seraient restées identiques. C’est le même cas pour les consommations d’énergies avec la volatilité des prix de l’énergie. L’approche physique est donc souvent incontournable. Et parce qu’elle permet de mieux identifier les émissions réelles de l’organisation, elle permet de mieux évaluer sa dépendance au carbone et donc ensuite de construire une stratégie bas carbone plus pertinente et plus efficace. 

2. Les facteurs d’émissions (FE)

C’est l’outil indispensable du calcul du bilan carbone, le rouage qui permet de passer des données d’activité collectées aux émissions associées. 

Chaque donnée d’activité est ainsi convertie grâce aux facteurs d’émissions, facteur d’émission monétaire (ou ratio monétaire) lorsque la donnée d’activité est exprimée en montant monétaire ou facteur d’émission physique lorsque la donnée s’exprime en activité physique (distance, quantité, etc…). 

Calcul des émissions de CO2e
Source : Sami

Ces FE, physiques et monétaires, se trouvent dans différentes bases de données, publiques et privées. Chacune de ces bases possède des caractéristiques différentes, avec des jeux de données différents. 

La recherche du bon facteur d’émission à associer à chaque donnée d’activité est souvent chronophage. C’est pourquoi, pour simplifier le travail des consultants ou des entreprises tout en augmentant la précision des bilans carbone, Sami développe depuis des années une base de facteurs d’émissions consolidée. 

On y trouve désormais plus de 100 000 facteurs d’émissions, issus de plus de 25 bases sources de référence. Voici les principales : 

Bases multi-critères

  • la Base Empreinte® : c’est la base publique officielle en France. Elle regroupe aujourd’hui les données historiques de Base Carbone® et Base IMPACTS®. On trouve actuellement sur notre base Sami plus de 10 000 FE issus de la Base Empreinte®. 
  • Ecoinvent : base de données privée, plus de 21 000 facteurs d’émissions. Attention, cette base n’est accessible que si on dispose en parallèle d’une licence ecoinvent. 

Bases sectorielles

  • Agribalyse : base de données publique, développée par l’ADEME, plus de 2500 facteurs d’émissions dans le secteur de l’agroalimentaire. 
  • Inies : base privée pour le secteur de la construction et du bâtiment. Plus de 9000 FE.
  • PCAF : plus de 23 000 FE pour le secteur financier.
  • EEA Passenger cars : plus de 10 000 FE dans le secteur de l’automobile.
  • AIB : base de données dans le secteur de l’électricité avec plus de 700 facteurs d’émissions.
  • NegaOctet : base de données dans le secteur du numérique. 

Base de ratios monétaires

  • Exiobase : construite par un consortium d’acteurs européens, plus de 15 000 FE, uniquement des ratios monétaires (kgCO2e/k€).

Bases géographiques 

  • DEFRA pour le Royaume-Uni : plus de 5600 FE. 

Source interne

  • Sami : plus de 750 FE issus de nos précédents bilans carbone et du travail de nos experts et consultants. 

Cette base consolidée est actualisée en continu par nos experts et tous les facteurs d’émissions sont validés un à un avant d’intégrer la plateforme. 

Pour en savoir plus sur cette base de FE consolidée, comment elle a été construite et comment elle est actualisée, vous pouvez vous rendre sur l’article qui est dédié aux facteurs d’émissions.

Il faut ensuite “jouer” entre les facteurs d’émissions pour trouver ceux qui seront les plus pertinents en fonction des données d’activités. Différents critères sont à prendre en compte : 

  • la source du FE : de quelle base est-il issu ? Est-ce que ce sont des données spécifiques ou génériques ? 
  • l’unité du FE : kg, tonne, kWh, k€, etc…
  • la localisation du FE : sur quelle zone géographique porte-t-il ? 
  • la temporalité du FE : sur quelle année reposent les données ? Est-il toujours valable ? 
  • le périmètre du FE : les émissions portent sur le cycle de vie complet, de l’extraction des matières premières jusqu’en sortie d’usine ou jusqu’en sortie de magasin ? 
  • les métadonnées du FE : qualité/incertitude, construction du FE, description

Une fois les bons facteurs d’émissions associés aux données collectées, il faut faire la somme de toutes ces données pour obtenir l’empreinte carbone totale de l’entreprise. 

3. Les différences de calcul entre les méthodologies

Plusieurs méthodes existent afin de réaliser la mesure de son empreinte carbone. Il y a quelques différences méthodologiques entre elles mais elles sont mineures. 

La comptabilisation du scope 2 

Le scope 2 regroupe les émissions liées notamment à la consommation d’électricité (voir plus bas détail des scopes). Sur ces émissions, deux approches différentes existent : 

  • l’approche dite Market-based : les émissions prises en compte sont liées à la génération de l’électricité des modes de production du fournisseur ou du contrat d’électricité, ou du mix résiduel si l’origine de l’électricité ne peut pas être tracée. Par exemple, dans le cas d’un contrat avec une électricité issue de l’énergie éolienne, le FE associé sera de 0 gCO2e/kWh. 
  • l’approche dite Location-based : les émissions prises en compte sont liées à la génération de l’électricité du mix électrique moyen du pays de consommation. Le mode de production du fournisseur ou du contrat n’entre pas en compte. 

Les méthodologies GHG Protocol et ISO acceptent les deux approches tandis que le Bilan Carbone® et le BEGES réglementaire n’acceptent que l’approche Location-based. 

Lire notre article dédié à la comptabilisation des émissions liées à la consommation d'électricité

La prise en compte des immobilisations

  • GHG Protocol : les immobilisations acquises durant l’année qui est étudiée sont les seules à être prises en compte, sans amortissement. Ainsi, une entreprise qui a acheté une machine (10 ans de durée de vie) l’année de reporting va devoir compter toutes les émissions liées à la fabrication de la machine. Mais pas celles d’une autre machine (8 ans de durée de vie) achetée deux ans auparavant par exemple. 
  • Bilan Carbone® et BEGES réglementaire : les émissions liées aux immobilisations sont amorties sur la durée de vie des biens. Dans notre exemple, l’entreprise devra ainsi comptabiliser 1/10ème des émissions de la machine achetée l’année de reporting et 1/8ème de l’autre machine achetée deux ans auparavant. 
  • La méthodologie ISO accepte les deux méthodes. 

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Comment classer les émissions ? 

Les deux principales méthodologies, Bilan Carbone® et GHG Protocol, répartissent les émissions dans les scopes 1, 2 et 3. Pour le Bilan Carbone®, il y a au total, on l’a vu précédemment, 23 postes d’émissions. Dans la méthodologie GHG Protocol, la catégorisation des émissions est un peu différente. Quant au BEGES réglementaire, il propose 6 catégories différentes pour classer les émissions de CO2e. Voici un tableau récapitulatif des différences de classement des émissions. 

Source : Méthode pour la réalisation des BEGES

Comment financer son bilan carbone ? 

Le Diag Decarbon’Action

Le Diag Decarbon’Action est un dispositif permettant d’accompagner les entreprises dans la réalisation d’un bilan carbone. Cette offre est opérée par Bpifrance, co-financée par l’ADEME. 

Le Diag comprend la réalisation d’un bilan carbone, la co-construction d’une stratégie climat pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et un accompagnement dans la mise en place des premières mesures du plan d’action. 

Sont éligibles les entreprises de moins de 500 salariés n’ayant jamais réalisé de bilan carbone jusque-là. Depuis le 1er juillet 2024, sur un prix total de 10 000 euros pour le dispositif, le reste à charge pour toutes les entreprises est de 6000 euros (contre 4000 euros auparavant pour les entreprises de moins de 250 salariés).

Pour tout comprendre au Diag Decarbon’Action, ses modalités, l’accompagnement proposé aux entreprises, nous vous invitons à regarder le replay de notre atelier organisé en septembre 2023 avec la BPI et consacré justement au financement du bilan carbone. Vous retrouverez également des détails dans notre article consacré au Diag Decarbon’Action

Les autres dispositifs de financement d’une stratégie bas-carbone

De nombreux autres dispositifs sont proposés par la BPI afin de structurer votre stratégie bas-carbone. 

Pour tout savoir sur les principaux dispositifs d’accompagnement et leurs modalités, rendez-vous sur notre article dédié.

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