Comment internaliser sa stratégie climat ?

Baptiste Gaborit

Rédacteur Climat

(Article issu du webinaire Sami du 24 mars 2026, avec le témoignage de Cassandre Cuisinier, chargée de l’engagement social et environnemental du cabinet mc2i.)

De plus en plus d’entreprises choisissent d’internaliser le pilotage de leur stratégie climat plutôt que de systématiquement déléguer à des prestataires externes.

Cette démarche offre des avantages réels, en réactivité, en profondeur de connaissance et en crédibilité, mais soulève aussi des questions légitimes : par où commencer ? Comment réaliser son bilan carbone en interne ? Quel est le coût réel de cette transition vers l’autonomie ?

Cet article, tiré de notre expérience sur les parcours d’internalisation proposés à nos clients et de notre webinaire organisé le 24 mars 2026, vous donne une méthode claire pour réussir l’internalisation de votre stratégie climat. Vous retrouverez également le retour d’expérience concret de Cassandre Cuisinier, chargée de l’engagement environnemental chez mc2i, cabinet de conseil en transformation numérique de 1 700 collaborateurs.

1. L’autonomie, pour quoi faire ?

Qu’est-ce qu’internaliser sa stratégie climat ?

Internaliser sa stratégie climat, c’est choisir de développer en interne les compétences et les processus nécessaires pour piloter soi-même sa comptabilité carbone et ses plans de réduction d’émissions. Concrètement, cela signifie :

  • Former une ou plusieurs personnes en charge du bilan carbone et du suivi des indicateurs GES
  • Maîtriser les méthodologies de comptabilité carbone (Bilan Carbone®, GHG Protocol…)
  • Être capable de collecter, analyser et mettre à jour ses données d’émissions de façon régulière
  • Construire et suivre un plan de réduction piloté en interne
  • Communiquer de façon fiable auprès des parties prenantes (CSRD, investisseurs, clients)

Quatre raisons d’internaliser

Sami observe quatre grandes raisons qui poussent les responsables RSE à internaliser leur pilotage carbone.

  • Réglementaire

La première est réglementaire : les entreprises soumises à la CSRD ou à la publication de reportings de durabilité doivent produire un bilan carbone chaque année.

Externaliser complètement cet exercice à un prestataire chaque année devient un poste de coût lourd et crée une dépendance qui nuit à la montée en compétence interne.

  • Commerciale

La deuxième est commerciale : de plus en plus de grands comptes et d’organisations publiques posent des questions précises sur la décarbonation de leurs fournisseurs dans leurs appels d'offres, dans leurs contrats ou encore dans leurs politiques d’achats responsables.

Sans maîtrise interne des données, il est difficile de répondre rapidement et de façon crédible à ces questions, mettant en danger la relation qu’entretient l’entreprise avec ses partenaires commerciaux.

  • Stratégique

La troisième raison est stratégique : s’approprier ses données carbone permet de piloter une vraie trajectoire de décarbonation, de définir un plan d’action solide et d’avancer sur des démarches exigeantes comme une trajectoire SBTi.

De plus en plus de grands comptes demandent également à leurs principaux fournisseurs de s’engager dans une démarche SBTi. C’est un projet exigeant et qui réclame en interne des compétences précises.

  • Economique

Enfin, la quatrième explication qui pousse de plus en plus d’entreprises à vouloir internaliser cette compétence est économique.

Très rapidement, internaliser permet de réduire  les coûts de prestation externe.

Témoignage — Cassandre Cuisinier, mc2i

mc2i est un cabinet de conseil en transformation numérique de 1 700 collaborateurs, présent en France, en Belgique et au Portugal. L’entreprise mesure son empreinte carbone depuis plusieurs années et collabore avec Sami depuis 2024. Cassandre Cuisinier est chargée de l’engagement social et environnemental chez mc2i.

« Les sujets carbone, c’est devenu une compétence métier stratégique sur laquelle on a besoin d’avoir de la visibilité et de l’expertise. Le premier moteur de notre autonomisation, c’est clairement le volet commercial. Nos clients grands comptes nous comptabilisent dans leur scope 3 et intègrent des critères carbone précis dans leurs appels d’offre. Sans maîtriser nos données, impossible de répondre avec la précision qu’ils attendent. »

« Avant, nos clients nous demandaient notre impact carbone global sur les trois scopes, de façon assez générale. Aujourd’hui, ils veulent une estimation précise des émissions liées à la prestation qu’on va réaliser chez eux, sur un nombre de mois donné. Grâce à ma montée en compétence, je suis devenue le contact de référence en interne. Je sais mesurer et décomposer l’impact de chaque poste d’émission avec davantage de précision — et on n’a plus besoin de faire d’allers-retours avec un consultant externe. »

Voir le replay de notre webinaire

2. Comment réussir l’internalisation de sa stratégie climat ?

Une feuille de route en 4 étapes

Réussir l’internalisation ne s’improvise pas. Sami recommande un parcours progressif structuré en quatre étapes.

  • Étape 1 : un premier bilan accompagné

Sur un premier bilan carbone, la responsabilité de produire le bilan est confiée à un cabinet ou bureau d’étude partenaire. Le rôle du responsable RSE est alors de valider le cadrage méthodologique et de contribuer à la collecte de données.

Cela lui permet de se familiariser avec les éléments essentiels d’un bilan carbone (méthodologie, facteurs d’émissions, scopes 1,2 et 3…) tout en s’assurant que données carbone sur lesquelles il pourra s’appuyer ensuite sont exactes. C’est s’assurer de partir avec des bases solides.

Sami recommande de démarrer d’emblée sur une plateforme logicielle plutôt que sur Excel : cela facilite la réplication d’une année sur l’autre et réduit le coût du changement.

  • Étape 2 : se former

La formation est la brique centrale de l’autonomisation.

Elle couvre la méthodologie de comptabilité carbone (Bilan Carbone® ou GHG Protocol), la décomposition des postes d’émission par scope, l’utilisation des facteurs d’émission et la pratique sur un cas concret dans l’espace administrateur.

Sami Academy, centre de formation (filiale de Sami) certifié Qualiopi et partenaire de l’Association pour la transition bas-carbone (l’ABC), propose des parcours adaptés à chaque niveau de maturité, en inter-entreprises ou en intra.

  • Étape 3 : un premier bilan en semi-autonomie

Pour le premier bilan carbone qui suit la formation du ou de la responsable du sujet dans l’entreprise, nous recommandons aux entreprises de ne pas le réaliser immédiatement en totale autonomie.

La formation permet d’acquérir toutes les connaissances méthodologiques, permet de s’entraîner sur quelques cas pratiques mais la réalisation d’un bilan carbone complet, surtout pour des entreprises de taille importante, nécessite une certaine maîtrise.

Il est ainsi très utile de maintenir quelques jours de support : coaching régulier, revue de cohérence du bilan, appui ponctuel sur les postes d’émission les plus techniques. C’est une étape clé que certaines entreprises brûlent à tort.

  • Étape 4 : autonomie complète et pilotage de la trajectoire

En année N+1, le pilotage des émissions est sous contrôle. L’entreprise sait où gagner en précision, n’a plus besoin de support proactif et peut piloter son plan de réduction, définir une trajectoire SBTi et préparer ses reportings réglementaires (CSRD…) de façon autonome.

Pourquoi utiliser une plateforme comme Sami plutôt qu’Excel ?

Trois arguments plaident pour un logiciel carbone dédié face à un fichier Excel.

D’abord la réplicabilité : importer la configuration et les données du bilan précédent en quelques clics évite de repartir de zéro.

Ensuite la collaboration : un logiciel permet d’impliquer directement les contributeurs internes (RH, locaux, IT…) sans la multiplication d’échanges et de mails.

Enfin la qualité et la sécurité des données : les facteurs d’émission sont mis à jour en continu par des experts, et la sécurité des données (certification ISO 27001) est garantie.

Témoignage — Cassandre Cuisinier, mc2i

Sur la formation :

« J’avais quand même une certaine appréhension au départ parce que je ne suis pas ingénieure de formation. Je ne connaissais pas forcément les rouages de la méthodologie. Finalement, la pédagogie des formateurs Sami a été très rassurante. La formation m’a permis d’apprendre énormément : décortiquer les postes d’émission, comprendre ce qu’il y a derrière chaque scope, maîtriser la méthodologie de calcul et pratiquer sur un cas concret dans l’espace administrateur. »

Sur le parcours d’internalisation :

« En 2024, on a été vraiment accompagnés de bout en bout. En 2025, on a fait le choix d’une semi-autonomie, une transition progressive. Je ne me sentais pas de passer en autonomie directe, piloter un projet aussi stratégique quand on est seul, ça peut être assez impressionnant. On a donc maintenu un accompagnement allégé : un kick-off, des points réguliers, et un appui plus poussé sur les postes les plus techniques comme les écritures comptables et les événements d’entreprise. C’était un bon compromis : plus économique qu’un accompagnement complet, mais avec un filet de sécurité. »

3 bonnes pratiques de Cassandre Cuisinier pour réussir la transition

  • Tenir une to-do list ultra-détaillée au fil du projet, mise à jour en continu, pour ne jamais perdre le fil entre deux sessions de travail espacées de plusieurs jours.

  • Documenter les choix méthodologiques dans l’espace de notes de la plateforme : pourquoi ce parti pris cette année, pourquoi cette exclusion. Ces notes sont précieuses au moment de lancer le bilan suivant.

  • Relire attentivement les supports de formation avant de se lancer, même plusieurs mois après la formation initiale, pour remettre toute la base méthodologique en tête.

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3. L’équation coûts / bénéfices

Ce que rapporte l’internalisation

L’internalisation entraîne dans un premier temps des coûts supplémentaires.

Des coûts directs avec notamment la formation d’une ou de plusieurs personnes au sein de l’entreprise. Et des coûts indirects avec notamment, un temps plus important dédié à la réalisation du bilan carbone lorsque ce dernier est réalisé en interne plutôt qu’avec un cabinet de conseil.

Dans le détail :

  • En année 1, le coût total (logiciel + accompagnement) est similaire à une externalisation complète, voire légèrement supérieur si on y ajoute la formation.
  • En année 2, le coût est d’ors et déjà plus faible car le support préconisé par Sami représente un coût moins important qu’un accompagnement complet.
  • Dès l’année 3, le bilan économique devient clairement positif puisque l’entreprise est totalement autonome.

Par ailleurs, les coûts indirects comme la charge de travail consacrée à la réalisation du bilan carbone et à la stratégie de décarbonation diminuent d’année en année, à mesure de la montée en compétence des responsables RSE de l’entreprises et des autres collaborateurs sur ce sujet.

Les autres bénéfices constatés

  • Meilleure qualité des données : une équipe interne connaît les spécificités de l’activité.
  • Réactivité accrue face aux demandes clients et aux appels d’offre.
  • Crédibilité renforcée auprès des parties prenantes.
  • Connaissance fine de tous les flux de l’entreprise : déplacements, fournisseurs, parc informatique. Montée en compétence sur d’autres sujets que le carbone.
  • Identification plus rapide des leviers de réduction et des actions concrètes.

Témoignage — Cassandre Cuisinier, mc2i

Sur le bilan économique de l’internalisation :

« Le parcours d’autonomisation et la formation initiale ont un prix, mais c’est un investissement qui s’amortit assez vite. Sur le long terme, il y a une économie réelle. Ma direction l’a tout de suite compris. »

Sur le bilan complet de l’internalisation :

« En tant que référente carbpne de mc2i, je peux désormais dialoguer avec mes homologues chez nos clients sur des questions parfois techniques. Quand un client m’interroge sur l’empreinte carbone d’une prestation ou sur nos choix méthodologiques, je réponds directement. On gagne du temps, on gagne en expertise, on gagne en légitimité. Et les idées d’actions de réduction nous viennent beaucoup plus vite quand on a une vision complète des enjeux. »

Ses conseils :

« Ne cherchez pas à être 100 % autonome dès le lendemain de la formation. Prévoir un petit budget de support en année 2, comme on l’a fait, ça peut être très intéressant — ça permet de garder l’esprit tranquille. Il y a une charge de travail réelle à ne pas sous-estimer : moi, j’ai passé deux mois l’été dernier à traiter les données du bilan. Mais à la fin, on a un gain de temps sur les réponses clients, une maîtrise stratégique de nos enjeux et une montée en expertise qui valent clairement l’effort initial. »

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Pour aller plus loin

Cet article vous donne un premier aperçu de la méthode et des résultats concrets qu’une démarche d’internalisation peut produire. Chaque organisation est unique, en taille, en secteur, en maturité climatique.

Sami vous accompagne à chaque étape : du premier bilan carbone jusqu’au pilotage autonome de votre stratégie de réduction, avec la combinaison d’une plateforme puissante et d’une expertise humaine dédiée.

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