Sami accompagne le monde du private equity dans sa transition bas-carbone!

Comme l’ensemble des entreprises, les acteurs du private equity doivent s’engager dans la décarbonation de nos sociétés. Sami a développé une méthodologie dédiée pour les accompagner !
Empreinte carbone
Mis à jour le :
16/7/2020
Sommaire

Au même titre que l’ensemble des entreprises, les acteurs du monde financier doivent s’engager dans la décarbonation de nos sociétés.

Bonne nouvelle : ils sont de plus en plus nombreux à le faire, et même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir et d'obstacles à franchir, la dynamique d'engagement croissante de la finance est indéniable et doit être soutenue !


Les motivations des financiers sont multiples : volonté de “faire sa part”, de répondre aux attentes des différentes parties prenantes (investisseurs, LPs, salariés, société civile, régulateurs, etc.), de se différencier par rapport à ses pairs et de communiquer sur un éventuel avantage carbone, de mesurer son exposition au carbone et risques de transition, et pour bien d’autres raisons encore.

Cet engagement prend plusieurs formes : comme tout le monde, les acteurs financiers doivent réduire les émissions liées à leurs activités opérationnelles (déplacements, bureaux, matériel, etc.), mais aussi et surtout simultanément réduire en volume les flux financiers à destination des acteurs carbonés (e.g secteur des énergies fossiles) et augmenter ceux à destination des activités décarbonées et décarbonantes (qui aident à la décarbonation de notre économie).

Un résumé de ces enjeux est présenté dans cette vidéo :


Sami accompagne différents acteurs du monde financier non-coté (venture capital, private equity, private debt, etc.) dans leur transition bas-carbone, parmi lesquels Breega, XAnge, Siparex ou encore October.


Nous avons développé une méthodologie et un process dédiés à ces investisseurs, que nous allons partager dans cet article, permettant de calculer les émissions de gaz à effet de serre de leurs portefeuilles.

Notre approche permet également de sensibiliser les participations et de les inciter à sauter le pas de la mesure d’empreinte carbone en mettant en place leur propre stratégie climat.


1. Quelle méthodologie de comptabilité carbone ?

La première étape consiste généralement à réaliser une analyse carbone des portefeuilles d’actifs des acteurs financiers.

Dans le non-côté plusieurs actifs différents coexistent : actions, obligations, options et tous leurs dérivés.

Comment mesurer les émissions de chacun de ces produits financiers ?

Des réponses ont été fournies par l’initiative PCAF (Partnership for Carbon Accounting Financials) dans son très riche guide méthodologique sur la mesure carbone des produits financiers.

C’est un peu la référence en la matière, et nous nous sommes ainsi alignés sur les règles de comptabilité précisées dans ce guide et qui font foi dans le monde du carbone et de la finance verte.

2. Comment compter les émissions ?

De manière standard dans le secteur financier, les émissions financées allouées aux investisseurs sont obtenues en faisant le produit d’un facteur d’attribution par les émissions absolues de l’entreprise dans laquelle l’investissement est réalisé, et en additionnant ces montants à l’échelle de l’ensemble des participations.


Dans le non coté (business loans and unlisted equity), qui nous intéresse plus particulièrement pour nos clients,  le facteur d’attribution est égal au ratio entre la valeur de l’encours et de la somme dette + equity.


Le process que nous avons mis en place pour évaluer les émissions financées d’un investisseur est le suivant :


Le facteur d’attribution est évalué à l’aide des données financières (valorisation, valeur d’entreprise, etc. au 31/12 de l’année de reporting) transmises par l’investisseur.

En effet, la spécificité du non coté, par définition, est que ces données financières ne sont pas accessibles publiquement et doivent donc être fournies directement par l’investisseur.

La seconde jambe de l’équation de calcul des émissions financées porte sur le calcul des émissions du sous-jacent (company emissions), à savoir les émissions scopes 1 à 3 de l’entreprise dans laquelle est réalisée l’investissement (en equity ou dette).

Trois options s’offrent à l’investisseur, par ordre décroissant d’incertitude.


Option n°1 : modélisation sectorielle

Les émissions d’une entreprise sont évaluées à l’aide d’une modélisation sectorielle réalisée par Sami (émissions fonction du chiffre d’affaires).

En quelques mots, notre modélisation repose sur les données scopes 1 à 3 des entreprises ayant reporté de manière publique (CDP, ADEME, rapports RSE, etc.) ou ayant été accompagnées par Sami.
Ces données carbone ont été filtrées et retraitées par Sami pour ne retenir que les données les plus complètes et robustes pour un secteur donné et pour chaque poste d’émissions du scope 3.

Les données carbone ont été complétées des données financières par entreprise (chiffre d’affaires principalement). 

Sur la base des jeux de données accessibles, un traitement de données a été réalisé (régression linéaire, en puissance, etc.) afin d’identifier les tendances les plus fortes (R² le plus élevé) et garantir les meilleures estimations des émissions à partir des chiffres d’affaires des entreprises.

Nous pouvons ainsi couvrir plus de 80 secteurs d’activité à l’aide de ce travail!

Option n°2 : approche hybride

Les émissions d’une entreprise sont évaluées de manière hybride à l’aide des données comptables des entreprises (Fichier des Écritures Comptables ou FEC) et d’une modélisation sectorielle des catégories manquantes.

Les comptes 6 du FEC permettent de couvrir la totalité des postes d’émissions de l’amont de la chaîne de valeur d’une entreprise. Le cas échéant, un questionnaire est transmis aux entreprises pour préciser les émissions liées à certaines dépenses (par exemple, dans les secteurs non tertiaires). Les émissions à l’aval de la chaîne de valeur d’une entreprise sont estimées à l’aide d’une modélisation sectorielle par poste d’émissions. 

Option n°3 : bilan carbone complet

Un bilan carbone complet de l’entreprise sous-jacente est réalisé.  

C’est l’option idéale et que nous préconisons aux investisseurs, avec l’incertitude la plus faible. Les émissions de l’entreprise sont dans ce cas évaluées précisément et efficacement grâce à l’outil Sami. Des Analyse de Cycle de Vie (ACV) peuvent également être réalisées le cas échéant pour préciser l’intensité carbone des produits vendus par l’entreprise (e.g secteur textile, cosmétique, etc.). 


Incertitude et engagement demandé à la participation en fonction de l'option suive

En somme, l’option n°1 est celle qui conduit au niveau d’incertitude le plus élevé, mais qui demande le moins d’engagement de la part des entreprises.

A l’inverse, l’option n°3 apporte un niveau de précision élevé, en contrepartie d’un engagement plus important des entreprises.

3. Quels indicateurs pertinents pour les investisseurs ?


Nous avons déjà parlé des émissions financées, qui sont un indicateur phare pour un investisseur. On les nomme parfois également ACA, ou Absolute Carbon Emissions.

Elles représentent les émissions absolues allouées à l’investisseur.

A noter que les émissions financées telles qu’elles sont calculées ne mesurent donc pas véritablement l’impact carbone induit par un choix d’investissement.

De même les émissions scopes 1 à 3 des participations ne représentent pas tant leur impact carbone que leur dépendance aux énergies fossiles et au carbone.

Les émissions financées sont donc une manière d’allouer une partie des émissions de l’actif sous-jacent (e.g action, obligation, etc.) à l’investisseur et d’ainsi faire apparaître dans le bilan carbone de l’investisseur une partie des émissions du sous-jacent.

Mais les émissions financées ne sont pas le seul indicateur carbone d’un portefeuille d’investissements : nous pouvons notamment citer différents indicateurs en intensité, parmi lesquels WCE, CI et WACI.


Par exemple, les intensités carbone CI et WACI permettent de simuler une entreprise fictive qui serait obtenue en agrégeant les différentes entreprises sous-jacentes et en les pondérant par leur poids dans le portefeuille de l’investisseur.

Ainsi, le principal avantage des indicateurs en intensité est qu’ils peuvent être comparés entre portefeuilles ou avec les secteurs d’activité de l’économie.

4. Quelles leçons retenir pour un investisseur en start-up ou PME ?

Quelques tendances propres au capital-risque et à l’investissement dans des entreprises de petite taille ou taille moyenne semblent se dessiner.

Notamment, du fait de leur potentiel de développement fort, le ratio valorisation/CA de ces entreprises (start-up et PME) est généralement bien plus élevé que celui des plus entreprises de plus grande taille, qui constituent l’essentiel des portefeuilles de titres cotés.

La différence moyenne peut être d’un facteur entre 5 et 10!

Cela conduit ainsi à des valeurs de WCE pour des portefeuilles de capital-risque très basses par rapport celles d’autres acteurs financiers (pour rappel, les émissions scopes 1 à 3 sont généralement proportionnelles au chiffre d’affaires).

Il convient donc d’être prudent dans l’interprétation et la comparaison entre portefeuilles de différentes natures (non coté, coté, etc.).

Deuxième enseignement : les CI ou intensités carbone moyennes de portefeuille en capital-risque sont généralement là aussi assez faibles, et plus faibles que les valeurs moyennes d’autres portefeuilles ou de l’économie.

Cela s’explique en bonne partie par le fait que les fonds de capital-risque que nous avons accompagnés investissent majoritairement dans des entreprises de services (marketplace, SaaS, Tech, etc.) qui ont des faibles intensités carbone.

Est-ce à dire que ces fonds sont vertueux et contribuent à la transition bas-carbone?

Oui et non!

Rappelons un point un peu technique de la comptabilité carbone des entreprises du secteur tertiaire : on ne prend pas en compte les émissions des clients d’une entreprise qui vend des services non-financiers.  Ainsi, une entreprise Tech qui fait des affaires avec des acteurs carbonés ou une marketplace qui met en relation acheteurs et vendeurs de produits intenses en carbone pourront très bien avoir des émissions scopes 1 à 3 faibles (telles que comptabilisées) … alors même que leur impact sur le climat est élevé (si elles soutiennent des activités fortement émissives)!

Nous recommandons ainsi au fond de mener une analyse de risques plus fine de l’aval de la chaîne de valeur (clients, clients des clients, etc.) de leurs participations du secteur tertiaire, afin d’avoir une vision carbone complémentaire à celle apportée par le bilan carbone.

Chez Sami, nous avons justement développé une proposition méthodologique de comptabilité carbone des émissions des services vendus, et sommes en discussion avec l’Association Bilan Carbone (ABC) pour que cela soit pris en compte dans les standards. 

5. Quelles sont les next steps pour un investisseur ?

La littérature au sujet de l’impact investing est très riche, l’objectif ici est simplement d’évoquer les principaux leviers d’action pour un investisseur.


D’après Kölbel et al, 2020 : “Can Sustainable Investing Save the World? Reviewing the Mechanisms of Investor Impact”


5.1. Engagement en tant qu’investisseur

L’engagement d’un investisseur peut se traduire de différentes manières, parmi lesquelles :

  • Mesurer la part verte pondérée de son portefeuille, alignée avec la taxonomie européenne, et se donner des objectifs à différents horizons de temps (e.g 15% à horizon 2023).

  • S’inscrire progressivement dans les cadres de reporting internationaux : TCFD, Art. 173, CDP Financial institutions questionnaire, EU directive Extra Financial reporting, SFDR, etc.


5.2. Engagement actionnarial

L’engagement actionnarial consiste pour un investisseur à faire valoir son pouvoir d’actionnaire pour inciter l’entreprise à prendre des décisions stratégiques en cohérence avec un monde bas-carbone. L’incitation à réaliser son bilan carbone est ainsi une très bonne 1ère étape, qui en appelle d’autres.

Un investisseur peut ainsi :

  • Inciter ses participations à mesurer plus précisément leurs émissions scopes 1 à 3 (tendre vers l’option n°3), ainsi que leur contribution carbone (en termes d’émissions évitées et séquestrées), en phase avec le référentiel de la Net-Zero Initiative.

Certains fonds demandent déjà, comme condition de tout nouvel investissement, que l’entreprise s’engage à réaliser d’un Bilan Carbone dans les 12 mois suivant leur investissement. Cette demande se matérialise par une Sustainability Clause insérée dans leurs term sheets et binding offers.

  • Inciter ses participations à s’engager sur des trajectoires de décarbonation et à se définir une stratégie bas-carbone (via ACT Pas à Pas par exemple) et des objectifs de réduction pertinents (absolu, intensité, etc.) par poste d’émissions. 

L’investisseur fait alors le suivi de ces KPIs extra-financiers, pouvant aller jusqu’à conditionner le taux d'emprunt d’une société à l’atteinte des objectifs ESG qu’elle s’est fixée.

Sami a par exemple développé une méthodologie de convergence de l’intensité carbone headquarter (déplacements, bureaux, etc.) vers une valeur cible à horizon 2030 ou 2040.



  • Réaliser une analyse de risque de transition plus fine (amont et aval de chaîne de valeur) : quelle est l’exposition au risque climat des clients (B2B) et fournisseurs de vos participations? Quelle est la Value at Risk climat de votre portefeuille en fonction du prix du carbone (e.g 100 €/tCO2eq)? 
  • Le principal risque climat auxquels sont exposés les entreprises Tech / de services provient de l’aval de la chaîne de valeur et l’exposition climat des clients, clients des clients, etc (informations qui ne sont pas captées dans un bilan carbone)


5.3. Sélection des investissements

La sélection des investissements consiste à allouer son capital de manière privilégiée vers les secteurs les moins carbonés,  et à réduire ses investissements en direction des acteurs les plus carbonés.

L’impact sur le climat est ici indirect et la littérature suggère qu’il est probablement et généralement moins fort que l’engagement actionnarial.

En effet, le risque identifié est qu’en cas de désinvestissement, un autre investisseur récupère la place laissée libre sans que rien ne change pour l’activité de l’entreprise, ce qui aurait un effet neutre pour le climat. Pire encore, le nouvel investisseur pourrait être encore moins regardant sur les sujets climat et environnement que son prédécesseur, ce qui pourrait même conduire à une hausse des émissions!

Un investisseur peut également se doter d’une grille de lecture et d’analyse climat ex-ante en amont de vos prises de position. Les questions auxquelles il est alors invité à répondre sont les suivantes :

  • Comment se positionne telle entreprise en termes d’intensité carbone économique et physique dans le benchmark sectoriel?
  • Telle entreprise a-t-elle un business compatible avec un monde aligné +1.5°C? 

Pour conclure cette section, notons que les entreprises les plus exposées au climat tendent à être moins valorisées que les entreprises plus bas-carbone : cet accès plus difficile à des financements sur les marchés des capitaux pénalise leur activité et donc leurs émissions de GES.


A votre tour de vous lancer !
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