Les Samis et le Changement Climatique

En 2009, le film Avatar dépeignait l’affrontement entre une compagnie d'exploitation de ressources minières et un peuple autochtone de la planète Pandora, les Na’vis. 

Sur Terre, l’une des plus grandes menaces à la survie des peuples autochtones est le réchauffement climatique. Hausse des températures, épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, incendies qui se multiplient: voilà autant de facteurs qui menacent ces peuples qu’on appelle également “indigènes”. 

Aujourd’hui, on vous parle des Samis, ce peuple autochtone qui vit au nord de la Scandinavie et qu’on appelle aussi les Lapons. Alertés par sa vulnérabilité face au changement climatique, on s’en est d’ailleurs inspiré pour notre nom. 


Sommaire: 

1. Les Samis et le changement climatique 

2. Pourquoi les Samis sont-ils plus vulnérables? 

3. Les autres populations autochtones menacées par le changement climatique

1. Les Samis et le changement climatique 

Les Samis sont un peuple autochtone qui peuplent la région de Sápmi, appelée Laponie en français, située au nord des trois pays scandinaves (Norvège, Finlande et Suède) et sur la péninsule de Kola en Russie. La population de Samis est composée de 70 000 à 100 000 habitants et vit dans la région depuis des milliers d’années. 


La présence des samis est marquée en vert sur la carte. 


Aujourd’hui, le mode de vie des Samis est largement remis en question par les effets du réchauffement climatique. La température moyenne dans la région n’a cessé d’augmenter ces dernières années. En 2017, la température terrestre en Arctique a surpassé de 1,6°C la moyenne de la période de 1981-2010. Dans l’archipel Norvégien de Svalbard, avec 21,7°C relevés le 25 juillet dernier, l’Arctique a connu son jour le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques. 

Comme le montre la carte ci-dessous, la hausse des températures constatée à date est environ deux fois plus élevée dans la région Arctique que sur le reste du globe.


Source: Washington Post, Berkeley Earth


Conséquences de la hausse des températures, les sécheresses et les incendies se multiplient et détruisent des terres vitales pour les éleveurs de rennes Samis. Et ce, alors qu’ils font déjà face depuis de nombreuses années à d’autres pressions environnementales : exploitation minière et atteinte à la biodiversité, déforestation et reboisement mal géré, etc. 

2. Pourquoi les Samis sont-ils plus vulnérables? 

Les peuples autochtones, et tout particulièrement les Samis, ont deux particularités qui font d’eux des agents de changement dans l’action pour le climat:

> Leur économie est fondamentalement dépendante des ressources naturelles et des écosystèmes environnants
> Leur savoir traditionnel et leurs approches culturelles sont précieux pour l’adaptation aux changements climatiques

Une partie non-négligeable de la population Sami élève des rennes, activité très impactée par les changements climatiques dans la région. En effet, les variations soudaines de températures, conséquences du changement climatique, rendent les troupeaux de rennes vulnérables: ces derniers ne trouvent plus de quoi se nourrir et ont tendance à se disperser. 

Par ailleurs, les épisodes de fortes précipitations sont de plus en plus fréquents, bouleversant ainsi le cycle de végétation. En été, l’herbe des pâturages devient meilleure et plus abondante, conduisant ainsi à une augmentation de la population de rennes, et donc à plus de compétition entre les animaux, alors qu’en hiver lorsque la nourriture vient à manquer. 

L’industrie forestière contribue aussi au problème: elle coupe les arbres sur lesquels poussait le lichen dont se nourrissent les rennes. Résultat, les surfaces de lichen ont diminué de plus de 71% depuis 1953 dans le nord de la Suède. Certains éleveurs n’ont plus d’autre choix que de nourrir leurs rennes. Pour cela, ils sont obligés de les placer dans des enclos, où l’hygiène de vie n’est pas adaptée à des animaux habitués aux grands espaces. Les enclos deviennent des lieux de contaminations, remplis de facteurs de stress affaiblissant le système immunitaire des rennes: c’est un un terrain fertile pour la propagation des maladies.

3. Les autres populations autochtones face au changement climatique


La situation des Samis peut être comparée à celle d’un autre groupe autochtone nordique: les Inuits du Groenland. De manière générale, les peuples autochtones représentent environ 370 millions de personnes (selon les Nations-Unies), répartis dans 90 pays, issus de 5 000 cultures différentes. 

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Gutteres, a rappelé à l’occasion de la Journée Internationale des peuples autochtones le “lien spirituel profond que les peuples autochtones entretiennent avec leurs terres et leurs ressources”, appelant à les préserver. Il a par ailleurs déclaré, dans le cadre de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones, que les peuples autochtones doivent être reconnus pour leurs contributions et que la possibilité de prospérer en paix sur une planète saine doit leur être donnée.

En effet, selon un récent rapport du cabinet McKinsey, les communautés autochtones et locales à travers le monde gèrent des forêts contenant en carbone l’équivalent de 33 fois nos émissions annuelles actuelles. Pour en apprendre plus sur les peuples autochtones face au changement climatique, nous vous invitons à lire le rapport du Bureau International du Travail sur le sujet. 

Si les peuples autochtones ont été largement oubliés des objectifs du Millénaire pour le développement, les Objectifs de développement durable (ODD) les mentionnent à six reprises dans le Programme 2030. L’Objectif 2 a pour objectif de doubler d’ici à 2030 la productivité agricole et les revenus des petits producteurs alimentaires parmi lesquels les autochtones, tandis que l’Objectif 4 entend assurer l’égalité d’accès des autochtones à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle. 

Suffisant pour protéger les Samis et les autres peuples autochtones? Probablement pas. Les Samis, comme les autres peuples autochtones, contribuent très peu aux émissions de gaz à effets de serre, mais ils sont pourtant les premiers à en subir les conséquences. Pour les aider, il faut non seulement des mesures ciblées pour les peuples autochtones mais surtout accélérer la lutte contre le changement climatique. Sami espère pouvoir apporter sa pierre pour aider les Samis. 





Rédigé par
Adriaan Rademaker
Rédacteur
@ Sami
Le suivre sur LinkedIn
Sami accompagne les entreprises dans leur engagement environnemental
📧 Nous contacter